Technogrippe
Le gâchis, unanimement dénoncé, que constitue la campagne de vaccination contre la grippe A H1N1 menée à l’initiative des pouvoirs publics illustre de façon exemplaire l’impasse où conduit la gestion technocratique des crises sanitaires. Là où il eût fallu laisser les acteurs naturels, c’est-à-dire les professionnels de santé de terrain, faire leur travail, le gouvernement a choisi de s’en remettre à des structures d’exception, elles-mêmes conçues selon les modélisations délirantes d’ « experts » enfermés dans le vase clos idéologique des agences sanitaires, aveuglés par une conception dogmatique et procédurale des problématiques de santé.
Le rôle des pouvoirs publics en cas de crise n’est pas, en effet, de se substituer aux professionnels mais de leur fournir les moyens d’accomplir leur mission et de leur simplifier au maximum la tâche, au lieu de les accabler de contraintes supplémentaires.
Le préjudice n’est, en l’espèce, que financier et moral : des millions dépensés pour une efficacité dérisoire et une crise de confiance avec les médecins mais aussi, ce qui est plus grave, avec la population, qui pourrait laisser des traces durables. Si les leçons ne sont pas tirées de cette expérience, les conséquences pourraient être plus dramatiques dans des circonstances épidémiologiques moins favorables.
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Un amendement à la loi « Hôpital, Patients, Santé, Territoires » (HPST) voté in extremis le 23 juin, marque la dernière étape d’un long processus qui achève de déposséder le corps médical de tout pouvoir décisionnel sur la « gouvernance » de l’hôpital public au profit des directeurs.