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8 janvier 2010

Technogrippe

Le gâchis, unanimement dénoncé, que constitue la campagne de vaccination contre la grippe A H1N1 menée à l’initiative des pouvoirs publics illustre de façon exemplaire l’impasse où conduit la gestion technocratique des crises sanitaires. Là où il eût fallu laisser les acteurs naturels, c’est-à-dire les professionnels de santé de terrain, faire leur travail, le gouvernement a choisi de s’en remettre à des structures d’exception, elles-mêmes conçues selon les modélisations délirantes d’ « experts » enfermés dans le vase clos idéologique des agences sanitaires, aveuglés par une conception dogmatique et procédurale des problématiques de santé.

Le rôle des pouvoirs publics en cas de crise n’est pas, en effet, de se substituer aux professionnels mais de leur fournir les moyens d’accomplir leur mission et de leur simplifier au maximum la tâche, au lieu de les accabler de contraintes supplémentaires.

Le préjudice n’est, en l’espèce, que financier et moral : des millions dépensés pour une efficacité dérisoire et une crise de confiance avec les médecins mais aussi, ce qui est plus grave, avec la population, qui pourrait laisser des traces durables. Si les leçons ne sont pas tirées de cette expérience, les conséquences pourraient être plus dramatiques dans des circonstances épidémiologiques moins favorables.

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6 janvier 2010

La stratégie des quotas ou le miroir aux alouettes

La polémique sur l’introduction de quotas d’élèves boursiers dans les grandes écoles est typique d’un débat en trompe-l’œil, savamment orchestré, par lequel la classe dominante tente d’enrayer préventivement les menaces sociales qu’elle sent peser sur ses mécanismes de reproduction. L’ « indignation » surréaliste d’un Alain Minc ou d’un François Pinault face aux réticences exprimées par la Conférence des grandes écoles ne révèle jamais aussi bien leur intime sentiment que lorsqu’ils citent le prince de Lampedusa : « Il faut que tout change pour que tout reste pareil. »

De même, les propos d’un Jean-Baptiste Prévost, président de l’UNEF, lui-même élève de l’IEP Paris et, à ce titre, bénéficiaire du système de sélection actuel dans l’un des établissements où les critères d’admission sont les plus socialement discriminants, qui dit vouloir faire « voler en éclat » la sélection à l’entrée des grandes écoles, ne relèvent pas seulement de la démagogie destinée à contenter l’électorat d’un jeune carriériste syndical ; ils traduisent un projet politique de nivellement par le bas de l’espace des études supérieures et, par là même, de neutralisation de leur potentiel d’ascension sociale.

Si la sur-représentation évidente d’élèves issus de milieux favorisés dans les classes préparatoires et les grandes écoles est de plus en plus difficile à justifier socialement, il n’en demeure pas moins que ces filières sont les seules voies d’excellence auxquelles les capacités et le mérite réels permettent encore d’accéder à des étudiants issus de milieux modestes, même s’ils y sont très minoritaires. Y introduire un quota de boursiers, ou – ce qui revient au même – ajuster leurs procédures de recrutement pour y parvenir, c’est jeter un discrédit sur les diplômes qu’elles délivrent et - à terme - payer les efforts des élèves les plus méritants en monnaie de singe ! Selon l’implacable mécanisme décrit par Pierre Bourdieu (La Distinction, 1979), un accès massif ou artificiel d’étudiants des classes populaires dans les écoles les plus sélectives ne ferait qu’ôter ipso facto à ces dernières leur caractère distinctif et dévaluer les compétences qu’elles sont censées garantir.

À l’heure même où la question des « quotas » envahit le débat public, nul doute que des stratégies sont déjà à l’œuvre au sein de l’élite dominante pour en contourner les effets prévisibles et reconstituer sous une autre forme la hiérarchie des formations. Un premier glissement s’est opéré il y a quelques années lorsque les écoles de commerce et autres instituts d’études politiques sont venus s’imposer dans la cour des grandes écoles pour offrir aux enfants les moins doués de la bourgeoisie le vernis d’excellence qu’ils peinaient à acquérir dans les disciplines académiques où, précisément, la concurrence de jeunes intrus de milieux populaires, talentueux et déterminés, pouvait s’avérer redoutable. Une autre stratégie adoptée par les grandes familles pour échapper aux pièges de la sélection à la française consiste à envoyer leurs rejetons faire leurs études à l’étranger.

La « démocratisation » des classes préparatoires et des grandes écoles, comme naguère celle du baccalauréat et de l’université, prépare en réalité une réorganisation des filières de formation dont l’objectif est de mettre fin – sous couvert de le promouvoir - au modèle méritocratique qui permettait à quelques-uns, à force de talent et d’abnégation, de franchir les barrières sociales. Quand ils y parviendront désormais, ils découvriront amèrement que les qualifications qu’on les a tant laissés désirer n’ont plus cours dans les sphères dominantes qui se seront redéfinies ailleurs ou autrement. La récente affaire Jean Sarkozy illustre comment les jeunes gens bien nés n’ont nul besoin des consécrations scolaires pour s’imposer dans les allées du pouvoir.

Paradoxalement, n’en déplaise aux idéologues patentés de la « diversité », ce sont peut-être les plus conservateurs, en défendant l’élitisme égalitaire des concours, qui sont les plus révolutionnaires !



17 décembre 2009

Vaccinator

Encore un petit effort !

Aide l’infirmière Roselyne à écouler son stock de vaccins contre la grippe A…

Aide l'infirmière Rosulyne à écouler son stock de vaccins contre la grippe A...



23 octobre 2009

Il faut réinventer l’asile (bis)

Présenté dans les médias comme « un cambriolage qui a mal tourné », soulevant le « problème de la légitime défense », le drame survenu à Juvignac lundi 19 octobre pose bien davantage, une nouvelle fois, celui de la récidive chez les psychotiques violents et de leur prise en charge.

On apprend en effet que Saïd, cet « étudiant en sociologie » qui est mort après avoir agressé chez lui un professeur et sa famille en les menaçant d’une arme de 9 mm et en les arrosant d’essence, était un schizophrène déjà connu pour des faits similaires dans son lycée puis à l’université de Montpellier III où il était inscrit.

A 27 ans, ce garçon qui avait passé un baccalauréat technique à Nîmes, en 2005, avait déjà eu un problème avec la justice. « Il y a eu des faits similaires en 2004, dans son lycée. Un de ses collègues l’embêtait. Il l’a prévenu, il a prévenu les parents. Il a téléphoné en disant : « Je viens chez toi, je vais te mettre le feu. » » Selon sa famille, les gendarmes l’ont arrêté alors qu’il avait répandu de l’essence chez son adversaire. Placé en garde à vue, il aurait été déclaré irresponsable par le psychiatre. Il a été hospitalisé pendant deux mois. « Saïd est schizophrène. Le médecin a jugé qu’on pouvait le libérer, en lui donnant un traitement qu’il a suivi pendant longtemps.1 Il ne faisait que dormir, il avait pris du poids. »

En 2006, Saïd s’inscrit à l’université Montpellier III, en sociologie. « Il réussissait difficilement ses études, car il travaillait à côté, des petits jobs. Avec sa bourse, il était autonome financièrement.» Il est reçu en première année, mais échoue à sa seconde année en 2008. Curieusement, cet été-là, au troisième étage du bâtiment C de l’université Paul-Valéry, un feu éclate, devant les bureaux des professeurs de sociologie. Les dégâts sont matériels, mais l’incendie est criminel : l’auteur a utilisé de l’essence, du retardant, des cordelettes.

« L’université avait déposé plainte, la brigade criminelle était venue, mais on n’avait jamais élucidé cette histoire », se souvient un enseignant. « C’est vrai qu’on fait un rapprochement. »

Saïd, l’agresseur tué, était un ancien étudiant du professeur de sociologie
La famille du jeune Saïd se constitue partie civile
Le professeur agressé s’explique : « Il nous aurait tués tous les trois »
Midi Libre – Édition du jeudi 22 octobre 2009

Que l’on puisse encore « s’étonner » ou « s’interroger » sur le fait qu’un tel malade, laissé en liberté, soit un jour à l’origine d’un drame - dont il est en l’occurrence lui-même victime – est proprement ahurissant.

Que ce père de famille, agressé chez lui à 22 h.30 avec sa femme et son fils de 11 ans par ce psychotique, doive aujourd’hui démontrer sa « légitime défense » est scandaleux.

Pas plus que la castration physique n’empêcherait les délinquants sexuels d’agresser, ni même de tuer, les victimes qu’ils ne pourraient plus violer, aucun traitement ni aucun « suivi » médical ne peut guérir les schizophrènes. Seul l’enfermement – médicalisé et non judiciaire – peut offrir à ces malades un univers adapté et prévenir efficacement les récidives violentes pour ceux qui ont démontré leur dangerosité.

Il faut réinventer l’asile !

1 Cet élément laisse supposer que l’intéressé n’était plus traité au moment des faits.



14 octobre 2009

On a la noblesse qu’on peut

Couverture de la publication du conseil général des Hauts-de-Seine "Neuilly92"Dans un entretien accordé au journal Le Monde, le professeur de droit constitutionnel Dominique Rousseau explique comment les mécanismes électifs de la démocratie permettent aux détenteurs du pouvoir en place de se donner les apparences de la légitimité, sans rompre fondamentalement avec une « culture monarchiste » héritée de l’Ancien Régime et dont ni l’époque actuelle ni la vie politique française n’ont l’exclusivité.

Et l’éminent professeur de citer Alexis de Tocqueville qui, dès 1830, résumait ainsi le fonctionnement démocratique : « le suffrage universel ne fait que légitimer l’exercice du pouvoir par ceux qui l’ont déjà ».

Si Dominique Rousseau se réfère pertinemment à l’analyse de Pierre Bourdieu sur la reproduction des élites au sein d’une «  noblesse d’État  »1, il omet de relever que l’ « élection » programmée de Jean Sarkozy à la présidence de l’Établissement Public d’Aménagement de la Défense marque précisément une rupture avec le rôle légitimateur tenu par l’école dans la société française. Et peut-être est-ce justement cela qui explique l’indignation soulevée dans le pays par cette affaire.

Jusqu’ici, en effet, l’accession des enfants de la classe dirigeante aux hautes fonctions administratives ou politiques se parait du vernis de l’excellence scolaire, particulièrement représentée par les grandes écoles, au premier rang desquelles figurent l’École normale supérieure et Polytechnique. Une première rupture a été constituée, à partir des années 1980, par le déclin relatif des grandes écoles à dominante scientifique au profit de l’ENA, de Sciences Po ou de HEC dans la hiérarchie des écoles du pouvoir. Si les premières sanctionnaient une forme de méritocratie, attestée de manière quasi irréfutable par l’objectivité de concours basés sur des matières scientifiques, les secondes privilégient en revanche un « savoir être » plus en phase avec les dispositions des seuls « héritiers ».

L’attribution d’un poste de responsabilité à un très jeune étudiant, triplant sa 2e année de droit, sans autre légitimité que son nom et un mandat électif facilement acquis, représente un nouveau palier dans cette remise en cause du modèle méritocratique. Les propos de Nicolas Sarkozy, rappelant que la création des lycées en 1802 signifiait « la fin des privilèges de la naissance » et ajoutant : « Cela voulait dire : désormais, ce qui compte en France pour réussir, ce n’est plus d’être bien né, c’est d’avoir travaillé dur et d’avoir fait la preuve par ses études de sa valeur » peuvent être ressentis, dans ce contexte, comme une provocation supplémentaire.

L’affaire Jean Sarkozy est symbolique d’une « culture monarchiste »
LEMONDE.FR | 14.10.09

1 Pierre Bourdieu, La Noblesse d’État, Les Éditions de Minuit, 1989.



11 octobre 2009

Vous avez dit libéral ?

Un projet de décret d’application de la loi portant réforme de l’hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires (HSPT) prévoit d’obliger les médecins libéraux à informer « au moins deux mois à l’avance » le conseil départemental de l’Ordre de leurs absences, en indiquant les noms des confrères susceptibles de prendre en charge leurs patients, ledit conseil devant à son tour transmettre l’information au directeur de l’ « agence régionale de santé », dernier avatar de la bureaucratie sanitaire. Les praticiens « libéraux » tenus de déposer leur fiche de congés comme n’importe quel salarié ? Sauf qu’ils ne bénéficient évidemment pas des mêmes avantages dans ce domaine !

Vous avez dit libéral ?Art. R. 6316-1. – (Texte du projet de décret)

  • A défaut de remplaçant, pour remplir son obligation de continuité de soins, tout médecin avertit, au moins deux mois à l’avance, le conseil départemental de l’ordre des médecins de ses absences programmées de plus de six jours ou d’une durée inférieure mais incluant un jour suivant ou précédent un jour férié.
  • Il communique le nom du confrère susceptible de prendre en charge ses patients.
  • Le conseil départemental de l’ordre des médecins s’assure qu’aucune difficulté de prise en charge des patients ne peut naître du fait d’une présence insuffisante des médecins libéraux en activité sur le territoire, et après avoir rappelé aux médecins leurs obligations déontologiques et recherché des solutions pour renforcer leur présence, il informe le directeur général de l’agence régionale de santé de la situation.

Même le Conseil National de l’Ordre des Médecins, qui n’est pas connu pour ses prises de position subversives, a émis un avis défavorable sur ce projet en soulignant l’absence de concertation qui avait présidé à son élaboration et les effets aggravants qu’une telle mesure ne manquerait pas d’avoir sur « les difficultés démographiques actuelles ».

Quand on sait que le nombre de médecins en activité ne cesse de diminuer, que leur vieillissement s’accentue, tandis que la profession se féminise, que l’exercice libéral régresse et que l’immense majorité des médecins renonce à s’installer, au point que 67% des nouveaux inscrits à l’Ordre se dirigent vers le secteur salarié, 22% sont des remplaçants professionnels et qu’ils ne sont plus que 10% à choisir l’exercice libéral, que moins de 8% des jeunes médecins généralistes exercent la médecine générale une fois leurs études achevées, alors que, parallèlement, la fuite des libéraux vers le salariat n’a jamais été aussi élevée et concerne, à présent, près de 7% de médecins, dont 43% sont des généralistes, on comprend mieux la préoccupation des pouvoirs publics quant à l’accessibilité et à la continuité des soins…

L’accroissement de la pression administrative exercée sur les médecins et la multiplication des mesures coercitives ou vexatoires prises à leur encontre ne peuvent à l’évidence qu’amplifier cette tendance et accentuer les difficultés que l’on voudrait résoudre. Il est, par ailleurs, stupéfiant de constater à quel point un pouvoir qui se prétend « libéral » peut se montrer directif dans un domaine jugé dispendieux et non directement profitable comme la santé publique.



7 octobre 2009

Maux croisés

Roman Polanski n’a pas de chance ! Alors qu’il est rattrappé par une vieille affaire de mœurs, le soutien que lui apporte Frédéric Mitterand, en cherchant à le créditer d’une sorte d’« immunité artistique », risque de lui causer plus de torts que d’avantages.

Évidemment, M. Mitterand a quelque raison de considérer les exploits sexuels du cinéaste avec mansuétude, au regard de ses propres errements ; mais il a plus de chance. Le fait que ce soit Marine Le Pen qui ait vertement rappelé, devant les participants interloqués de l’émission Mots croisés,  les expériences de tourisme homosexuel du ministre – au demeurant parfaitement assumées et relatées dans un livre1 – tempère ces accusations de la répulsion que peut inspirer leur auteur pour d’autres motifs.

Il n’en reste pas moins que les responsables politiques ont un devoir d’exemplarité mais surtout de cohérence entre leurs choix de vie, leur histoire personnelle, leurs écrits, leurs déclarations et la conception de la vie en société qu’ils entendent promouvoir ou dont ils sont solidaires. Comment un gouvernement qui fait de la répression des crimes sexuels ou de la protection de l’enfance des thèmes récurrents de communication peut-il, au nom du « respect de la vie privée », tolérer en son sein un ministre qui a fait publiquement étalage, fût-ce dans un récit « littéraire », de pratiques pour le moins équivoques à cet égard ?

Pour autant, les indignations d’un Daniel Cohn-Bendit, dont le zèle initiateur auprès des enfants est resté dans les mémoires2 , ne sont guère plus convaincantes…

L’évocation croisée de ces turpitudes ne fait à la vérité que souligner crûment les contradictions d’une société à la fois permissive et puritaine, frivole et répressive, qui ne dénonce le vice que pour s’y mieux vautrer, où l’argent et la notoriété permettent à certains de s’offrir l’impunité refusée au citoyen ordinaire et où l’art et la culture servent d’alibi à la dépravation.

1 Frédéric Mitterand, La Mauvaise vie, Robert Laffont, 2005
2 Cf. Daniel Cohn-Bendit, Le Grand bazar, Belfond, 1975



18 septembre 2009

Morceaux choisis


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15 septembre 2009

Sortie de crise à France Telecom

Sortie de crise à France TelecomLe traitement par France Telecom de la tragique série de suicides parmi le personnel de l’entreprise - initialement qualifiée de « mode » par son PDG1 – est exemplaire du cynisme avec lequel le capitalisme libéral répond à la détresse sociale : communication compassionnelle mobilisant les stéréotypes affectifs et cantonnement de la problématique à la sphère médico-psychologique pour « mettre fin à la contagion ».

À ces salariés « fragiles » emportés dans la « spirale terrible » de la désespérance, on ne trouve à proposer qu’un « numéro vert » qui les renverra vers « des psychologues extérieurs », une augmentation du nombre des médecins du travail et des équipes de ressources humaines, la « formation des cadres de terrain » afin de leur apprendre à « gérer le stress » et à renforcer leur « confiance » et des négociations sur « l’accompagnement de la mobilité ».

Les répercussions, pourtant évidentes2, que peut entraîner l’évolution de l’environnement professionnel sur l’équilibre familial et psycho-affectif des salariés, de même que les liens entre leurs conditions de travail et les « problèmes personnels » dont ils peuvent souffrir sont systématiquement déniés.

Mais à aucun moment ne sont remis en cause le modèle même du « management » ni la politique de restructurations qui sont à l’origine de ces actes de désespoir et doivent être poursuivis quel qu’en puisse être le prix humain.

Suicides à France Télécom Numéro vert anti-suicide à France Télécom

1 Didier Lombard s’est ensuite excusé de cet abus de langage en invoquant, tout aussi maldroitement, une confusion avec le mot anglais mood.
2 Comment ces relations pourraient-elles ne pas exister dans une entreprise où les salariés changent de poste en moyenne tous les 27 mois et de lieu de travail tous les 30 mois ?



28 juin 2009

Fin de partie à l’hôpital

Fin de partie à l'hôpitalUn amendement à la loi « Hôpital, Patients, Santé, Territoires » (HPST) voté in extremis le 23 juin, marque la dernière étape d’un long processus qui achève de déposséder le corps médical de tout pouvoir décisionnel sur la « gouvernance » de l’hôpital public au profit des directeurs.

Le président de la commission médicale d’établissement (CME) sera désormais seulement « entendu » pour la définition de la politique de la qualité des soins. Cet amendement prévoit que le directeur de l’hôpital prend ses décisions « en concertation avec le directoire », et non plus « après avis » du même directoire, comme l’indiquait le texte dans sa version issue de la commission mixte paritaire (CMP), confinant les représentants des médecins à un rôle consultatif, voire contemplatif.

Le gouvernement aura donc réussi à faire passer subrepticement une réforme qui avait mobilisé contre elle l’ensemble des professsionnels de santé durant les mois de mai et juin.

Formés à l’École des « hautes études » en santé publique (EHESP), officine idéologique de la bureaucratie sanitaire à la française, chargés de mettre en coupe réglée les établissements, secondés dans leur tâche par des cohortes de « cadres de santé » élevés selon la vulgate managériale et dans la haine du corps médical, les directeurs pourront désormais y régner sans partage.

Voir aussi :

Des mandarins aux managers

En route vers la Santestroïka ?





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